Je m’appelle Ixchel. Je suis ravie de faire partie de l’équipe du RSEKN en tant qu’agente des communications pour la région du Grand Toronto. Je crois que la mobilisation des connaissances dans l’ensemble de la province est un excellent moyen de susciter des conversations sur l’équité et l’éducation à la justice sociale et de contrer les obstacles systémiques qui entravent l’accès, l’engagement, la réussite et le bien-être des élèves.

Je suis enseignante à l’élémentaire au Toronto District School Board depuis plus de 14 ans, et ma passion en tant qu’éducatrice m’a permis d’acquérir une vaste expérience dans les domaines de l’éducation spécialisée, de l’anglais langue seconde et de l’intégration de l’éducation autochtone dans les programmes d’études et les écoles. En tant qu’éducatrice autochtone Nahua de Tenochtitlán (au Mexique), je crois que l’enseignement et l’apprentissage commencent avec soi-même. Qui suis-je en tant qu’éducatrice? Qui suis-je en train de servir dans la salle de classe? Quels sont mes rôles et responsabilités envers les élèves, les parents et tuteurs, la communauté que je sers? Comment le pouvoir et les privilèges jouent-ils un rôle dans la salle de classe, à l’école, dans la communauté? Mes apprentissages autochtones m’ont appris à reconnaître l’enfant (l’élève) en tant que personne entière, avec des besoins physiques, émotionnels, mentaux/intellectuels et spirituels. Par conséquent, je dois constamment m’interroger sur mes préjugés et m’engager dans des pratiques réflexives pour adopter des approches pédagogiques pertinentes et adaptées à la culture dans mes rapports avec les élèves.

Mon parcours m’a amenée à travailler dans le cadre de l’Initiative concernant les enseignantes et enseignants responsables de l’étude des travaux d’élèves (ERETE) du ministère de l’Éducation, dans laquelle j’ai pris part à la documentation pédagogique et la recherche collaborative avec des enseignants de la maternelle à la 8e année.

Je suis actuellement professeure détachée à la Faculté d’éducation de l’Université York, où j’enseigne des cours sur les pratiques équitables, l’inclusion, les handicaps, les apprenants de l’anglais et l’éducation autochtone. Ma passion pour l’apprentissage, le désapprentissage et le réapprentissage m’a amenée à poursuivre mes études et à décrocher une maîtrise en éducation des Autochtones de milieu urbain. En septembre 2018, je commencerai un doctorat sur l’éducation autochtone à l’Université York, avec Susan Dion, Ph. D.

Je suis très heureuse de co-présider pour la deuxième année consécutive avec Vidya Shah, Ph.D. (également chef d’équipe de la région du Grand Toronto du RSEKN) le Forum d’été 2018 de la Faculté d’éducation de l’Université York. Nous nous sommes associés au RSEKN pour planifier la conférence de cette année, sous le thème « Réalités dans les données : Qui est compté? Qu’est-ce qui compte? Qui compte? ». Cette année, nous explorerons « les défis et possibilités politiques et pédagogiques liés à la collecte, l’intégration et la déclaration des données identitaires ». Cela répond à l’une des quatre priorités énoncées dans le Plan d’action ontarien pour l’équité en matièred’éducation, 2017, ce qui nous amènera à examiner le rôle des données identitaires dans la découverte des obstacles systémiques. Comme l’indique le rapport, « les obstacles systémiques sont causés par des préjugés profondément ancrés dans les politiques, les pratiques et les processus, et ils peuvent entraîner un traitement discriminatoire » (p.10). En remettant en question les préjugés, le pouvoir et les privilèges en éducation, je crois que nous aurons des conversations courageuses sur la transformation des pratiques, en commençant par le concept du « moi en tant que professeur ». Les changements dans les pratiques ne peuvent se concrétiser si le moi n’est pas impliqué dans le processus. J’ai hâte de continuer à collaborer avec les chefs d’équipe et agents de communication régionaux extraordinaires, dévoués et passionnés de toute la province afin de favoriser l’accès, l’engagement, la réussite et le bien-être des élèves.

[traduction] « Si nous changeons les histoires qui nous entourent, il est fort possible que nous changions nos vies. » – Thomas King

Je recommande aux lecteurs d’écouter les conférences Massey 2003 de CBC/Radio-Canada intitulées « The Truth about Stories: A Native Narrative », par Thomas King.

Par Ixchel Bennett

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