Salut tout le monde,

Je m’appelle Julia Woznowski et je suis diplômée récente de la Faculté d’éducation du Collège universitaire Glendon à l’Université York. Je viens de joindre le comité du forum d’été de la Faculté d’éducation ainsi que le chapitretorontois de RSEKN comme agente de communications. J’ai hâte de faire partie d’une équipe dynamique qui vise à franchir les politiques institutionnelles présentes dans les programmes de FLS et dans les écoles de langue française depuis longtemps.

Depuis leur commencement dans les années 1970, les programmes d’immersion française ont fleuri et continuent de s’épandre à haute vitesse en Ontario et au Canada. Selon l’article, Les programmes d’immersion française victimes de leur succès en Ontario, plus de 10 000 élèves s’inscrivent à des programmes d’immersion française en Ontario chaque année. Malgré la forte demande, les conseils scolaires ont de la difficulté à recruter des enseignants bien qualifiés et les élèves sont souvent à un désavantage. Malheureusement, il y a parfois des élèves en immersion qui ont des enseignants de longue durée pendant des mois qui ne parlent pas français. Ces classes d’immersion sans enseignant d’immersion, restent-elles vraiment des classes d’immersion ? N’est-ce pas une injustice aux élèves ? Malgré la pénurie d’enseignants, que faire pour rendre les programmes d’immersion accessibles à tous ?

Au cours de mes stages, j’ai eu l’occasion de vivre certaines réalités dans le contexte des programmes d’immersion française. Premièrement, j’ai noté qu’il y a peu de ressources de langue française disponibles aux élèves marginalisés et racialisés. En particulier, j’ai vu une sélection limitée de livres ayant comme personnages principaux des personnages marginalisés. Le choix de livres à l’école peut ainsi exclure les élèves marginalisés parce qu’ils ne vont pas nécessairement se voir dans ce qu’ils lisent. Cette exclusion devient démotivante et empêche les élèves marginalisés d’avoir une voix en salle de classe.  

Néanmoins, la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO) a lancé une excellente ressource intitulée Effaçons les préjugés pour de bon qui pourrait aider les enseignants à aborder les thèmes de l’inclusion et de la diversité en salle de classe. La ressource est divisée en chapitres selon le mois et chaque mois a un différent thème, tels la paix (novembre) ou la citoyenneté locale et mondiale (avril). La ressource contient plusieurs plans de leçon basés sur des livres liés à la diversité et à l’inclusion à faire en salle de classe. Effaçons les préjugés pour de bon est une ressource spécialement utile dans le cadre de français langue seconde parce qu’elle contient des activités à faire avec les élèves de tous les niveaux de français (cadre, intensif et immersion). La ressource elle-même est ainsi non seulement inclusive des différences socio-culturelles des élèves, mais de leurs différences en tant qu’apprenants de français langue seconde aussi. Voici le lien vers la ressource : http://docplayer.fr/14301605-Effacons-les-prejuges-pour-de-bon.html

Deuxièmement, ce qui m’a étonnée est que ce n’est qu’à une de mes écoles de stage que la direction savait parler français. En Ontario, la langue française vit dans une culture anglophone qui domine. Les programmes d’immersion française existent dans cette culture anglophone, ce qui peut empêcher l’usage du français en dehors de la salle de classe. En fait, si le français n’est pas valorisé par une direction anglophone, la langue peut vite perdre sa valeur et son importance en salle de classe, peu importe en dehors de la salle de classe.

Cependant, d’après mon expérience, j’ai noté que même si la direction ne parle pas français, elle fait souvent des efforts à promouvoir la langue à travers l’école. À mon stage l’année dernière, l’école a organisé un carnaval inspiré par le carnaval de Québec. C’était une initiative lancée par les enseignants de FLS au primaire en partenariat avec la direction. De telles initiatives illustrent aux élèves que le français est une langue vivante qui peut prospérer dans un milieu anglophone. En plus, ça leur permet de valoriser le français et de le pratiquer au-delà de la salle de classe.

Mon rôle d’agente de communications me donne l’occasion de travailler avec une variété de gens qui ont tous hâte de défaire les politiques institutionnelles pour bâtir une action communautaire. Les politiques institutionnelles ne se déferont pas du jour au lendemain, mais c’est en collaborant avec les autres qu’on fera des progrès. Le forum d’été 2019 servira ainsi comme plateforme idéale de parler, d’apprendre et de discuter des enjeux et des iniquités qui existent dans les programmes de FLS et dans les écoles de langue française. Bâtir une action communautaire rendra l’éducation accessible à tous et fera valoriser le français dans un milieu majoritairement anglophone. Ensemble, nous sommes plus forts !

J’ai hâte de vous tous voir au forum d’été de la Faculté d’éducation ! Marquez vos dates du 21-22 août !

Julia Woznowski

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